samedi 17 décembre 2016
De l'importance de se fondre dans la masse
vendredi 16 décembre 2016
Valider n'est pas partager
Récemment je suis tombée sur un article qui parlait du concept de "valider une opinion", et je me suis rendu compte que pour quelqu'un n'en ayant jamais entendu parler, ça pouvait prêter à confusion.
Valider une opinion, est-ce que c'est pareil que de la partager ? En quoi ça consiste ? Est-ce une bonne chose à faire ?
Bon, le titre de ce post vous gâche un peu le suspens, non, valider n'est pas automatiquement synonyme de partager. Valider une opinion, c'est reconnaître qu'elle est légitime, qu'il est compréhensible qu'on puisse l'avoir - quitte à avoir une opinion radicalement opposée.
Par exemple : "Je comprends que tu veuilles peindre le salon en jaune, parce que cette couleur te plaît."
Si on n'est toutefois pas d'accord : "Je comprends que tu veuilles peindre le salon en jaune parce cette couleur te plaît, mais je pense que cela n'irait pas du tout avec notre mobilier. Que penses-tu d'une nuance plus neutre ?"
Valider une opinion est important, a fortiori quand on n'est pas d'accord, parce que cela donne à la personne en face l'impression qu'elle a été entendue. Ignorer son opinion, ou la réfuter, lui donne l'impression qu'elle a une importance secondaire à vos yeux, qu'elle n'est même pas digne de votre attention ou d'une conversation.
Exemple : "En jaune ? Nan, ça va être moche."
Zéro conversation, zéro écoute, zéro validation. La personne qui voulait du jaune a essentiellement reçu le message que son opinion est une mauvaise opinion.
De plus, elle n'a rien appris. Pourquoi pas du jaune ? Est-ce la nuance ou tous les jaunes le problème ? Est-ce juste dans cette pièce ou partout ? On ne sait pas et, vu la réaction de l'interlocuteur, elle ne pausera probablement de questions pour mieux comprendre.
Enfin, la personne qui refuse ne propose même pas d'alternative. C'est donc à son partenaire d'essayer de trouver, sans indication aucune, une alternative qu'elle trouvera acceptable, sans qu'on sache pourquoi.
Le Dilemme du Dé Porno
La scène : un tournoi compétitif en Legacy.
Dramatis Personnae : un joueur compétitif de Legacy avec une haute estime de lui-même, et votre dévouée.
L'objet du délit : un dé porno.
Je ne savais même pas que les dés pornos existaient. Ici il s'agit d'un dé à six faces, chaque face a son numéro, normal, mais aussi deux petites silhouettes en train de s'envoyer en l'air dans des positions variées.
Le joueur s'en sert comme compteur, le dé est donc bien en évidence sur son playmat.
Je remarque le dé en milieu de deuxième ronde. Démarre une enquête menée auprès de moi-même : ce dé est-il réellement problématique ?
Pour :
Moi, il me met mal à l'aise. Ce qui veut dire qu'il met peut-être d'autres personnes tout aussi mal à l'aise.
Ca ne me semble pas approprié pour un tournoi.
On ne peut pas arguer que ce soit de l'art (objectivement, c'est un dé très simple et pas particulièrement joli, plutôt l'inverse).
D'utiliser ce dé plutôt qu'un de ses nombreux autres peut être vu comme une action délibérée et non pas un comportement passif. (Important pour l'IPG.)
Contre :
Je suis la seule personne à ne pas être un homme dans la salle, à ma connaissance. Ca peut faire que je suis affectée par des choses qui n'affectent pas les autres participants.
Un dé c'est tout petit, peut-être que les autres participants ne l'ont même pas vu.
Les représentations assez claires et inattendues de sexualité me font plus tiquer qu'une personne lambda parce que je suis asexuelle. Je le sais, c'est un biai, et je ne dois pas le laisser influencer mon jugement.
Conclusion de mon enquête :
Je ne suis pas face à une violation d'une règle de tournoi claire et précise. Je pense néanmoins que ce genre de dé n'est pas approprié pour un tournoi, sachant que a) n'importe quel dé ferait aussi bien le job et b) on ne peut pas arguer que c'est un super beau dé.
Je décide donc de parler au joueur, selon la méthode que j'ai inconsciemment appelée Méthode de Guillaume, d'après le RC français.
Je prends le joueur à part après sa ronde, et à un moment où il ne discute pas avec d'autres joueurs. Je ménage ainsi son ego et sa vie privée.
Je fais le Guillaume en lui demandant ce qu'il pense de son dé plutôt que de le confronter. Est-ce qu'il le trouve approprié ? Est-ce qu'il le trouve particulièrement beau ?
"Bah je sais pas heu... je le trouve fun, il est sympa, et puis on est entre nous..."
Je continue de le regarder.
"Enfin, je l'utiliserais pas s'il y avait un gosse, hein..."
Regard.
"Je peux le ranger si tu veux..."
Bingo. Je peux alors lui répondre, pleine de bienveillance :
"Écoute, moi je ne vais pas aller jusqu'à te demander de le ranger. Mais réflechis, et décide de ce que tu veux en faire. Moi, ça ne me semble pas approprié pour un tournoi. Mais c'est toi qui vois."
Et je n'ai plus vu le dé de la journée.
Morale de l'histoire :
Intervenir en tant qu'allié plutôt qu'en méchant arbitre qui pénalise.
Intervenir même avant la violation indiscutable des MTR.
Intro
Pourquoi ce blog ?
Parce que je pense avoir un point de vue à donner. Parce que je ne connais personne d'autre qui soit :
- Féministe
- Non binaire
- Asexuelle
- Neuro divergente
- Francophone
- Awesome
et que ça fait que tous ces gens dehors qui brûlent d'envie de savoir ce que les gens comme moi pensent ne savent pas où se tourner. Les pauvres.
Parce que parfois j'ai envie de me fâcher sur un sujet et de le démonter en trois étapes (Introduction, argumentation, conclusion) et que personne n'est prêt à m'écouter.
Parce que être activiste juste dans son coin c'est bien gentil mais ca ne fait pas vraiment avancer les choses.
Et parce que j'en ai envie, et que la vie est trop courte pour ne pas parler à des inconnus sur internet quand on en a envie.
Prêts ?